Limite du pilote : l’hypoxie

        Limites du pilote : l’hypoxie

1.1  Etymologie

L’hypoxie provient du grec hupo qui signifie « sous » et oxus « oxygène ». Ainsi comme son nom l’indique l’hypoxie est une diminution de la quantité d’oxygène apportée par le sang aux tissus.

 

1.2  Explication du phénomène

L’hypoxie peut être provoquée par de multiples facteurs (maladies inflammatoires..) et notamment l’altitude.

La loi de Dalton permet de mieux comprendre le phénomène, celle-ci dit : « à température donnée, la pression absolue d’un mélange gazeux est égale à la somme des pressions partielles qu’auraient ces gaz, s’ils occupaient seuls le volume total »

Ainsi : Pp (la pression partielle d’un gaz) = pression en hectopascal x Pourcentage de ce gaz dans le milieu respiré

Or nous savons que l’air est composé d’environ 79% d’azote et de 21% d’oxygène. L’air que nous respirons dépend donc du taux d’oxygène dans l’air mais également du QNH c'est-à-dire de la pression atmosphérique au niveau de la mer.                                                                      

La composition de l’air est identique au niveau de la mer ou à 5000 mètre d’altitude cependant même si la composition de l’air demeure la même  la quantité absolue de dioxygène va diminuer avec l’altitude : il y aura donc moins de molécules de dioxygène pour un même volume.

Ainsi si nous nous trouvons au niveau de la mer ou au sommet du mont blanc la pression ne sera pas la même. Par conséquent la pression partielle en dioxygène variera elle aussi :

Au niveau de la mer la pression est (d’environ) 1013hPa on aura donc :

PpO2= 1013 x 21% = 213 hPa

Au sommet du mont blanc (4810m) la pression est (d’environ) 553hPa on aura donc :

PpO2= 553 x 21% = 116 hPa

On remarque une baisse de 55% de PpO2, ainsi la pression partielle en oxygène c'est-à-dire  la proportion d’oxygène respirée va considérablement baisser en altitude.

L’apport d’oxygène y sera donc moins important ainsi l’hémoglobine, contenue dans nos globules rouges, qui est chargée de transporter le dioxygène aux tissus, transportera alors moins de dioxygène, la saturation de l’hémoglobine en dioxygène diminue.

Cependant la saturation va diminuer faiblement puis très fortement c’est pourquoi les problèmes dus à l’hypoxie surviennent brutalement.

Ainsi on observe qu’entre 0 et 3000 mètres d’altitude la saturation de l’hémoglobine en dioxygène va diminuer faiblement et au contraire elle va diminuer fortement entre 3000 et 6000 mètres pour enfin diminuer très fortement à partir de 6000 mètres !

 

 

 

 

 

 

Ainsi pour maintenir la même pression partielle d’oxygène qu’au niveau de la mer et donc éviter l’hypoxie nous devons respirer plus rapidement afin d’augmenter la proportion de dioxygène inspiré.

Cependant la « tolérance » à l’hypoxie va varier d’un individu à un autre selon différents facteurs en effet la fatigue, une mauvaise condition physique, un terrain anémique, une contrariété, être fumeur…sont des facteurs qui peuvent aggraver l’hypoxie au contraire l’entrainement, les facteurs exogènes… permettent de mieux lutter contre l’hypoxie.

 

1.3  Les symptômes

L’hypoxie est difficile à prévenir car ses symptômes et ses signes sont trompeurs : en effet une personne atteinte d’hypoxie ne s’en rendra pas compte et au contraire sera, la plupart du temps, dans un état euphorique c'est-à-dire que la victime ressentira une sensation de bien être et de satisfaction.

Ceci est d’autant plus grave que les conséquences sont multiples et parfois très graves :

 

Les tests d’écriture simple sont perturbés à partir de 4000 mètres et les tests d’écriture complexes sont perturbés à partir de 3000 mètres ;

 

La capacité d’apprentissage est diminuée à partir de 2500, 3000 mètres. La vision est également perturbée notamment la vision nocturne à partir de 1500 mètres et la vision des couleurs est aussi diminuée et le champ visuel est rétréci. Puis à partir de 5000 mètres l’audition est diminuée.

Plus grave encore le système nerveux est atteint avec une perte d’attention et de la mémoire, des troubles psychiques, un état amnésique, des risques de somnolence avec un risque de perte de connaissance, perte de la coordination musculaire…

L’hypoxie est donc un véritable danger pour le pilote mais heureusement pour ce dernier l’audition est très résistante à l’hypoxie ce qui a permis à certains pilotes de se sortir de situations dangereuses grâce aux échanges radios.

 

 

1.4  Les différents type d’hypoxie

Il existe différents types d’hypoxie :

-l’hypoxie chronique, qui va durer plusieurs jours voire plusieurs années, va provoquer l’adaptation de la vie en altitude.

-l’hypoxie prolongée, qui dure quelques heures, va favoriser un état asthénique c'est-à-dire une diminution du pouvoir de fonctionnement de l’organisme. Ce type d’hypoxie peut se déclarer à partir de 2500-3000 mètres de hauteur.

-l’hypoxie aigue, qui ne dure seulement que quelques minutes, et qui entraine  des troubles psychiques ainsi que des réactions psychomotrices, avec éventuellement un état syncopal c'est-à-dire une perte soudaine et transitoire de connaissance.

-l’hypoxie suraigüe qui ne dure que quelques secondes et c’est la plus grave car elle correspond à un arrêt brutal de l’apport en oxygène : elle a généralement lieu lors d’une dépressurisation de la cabine au cours d’un vol.

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